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Depuis 1998, la revue suisse de cinéma HORS-CHAMP propose des articles de fond à la fois pointus et impertinents à un public qui ne cesse de s'agrandir.

Comme son nom l'indique HORS-CHAMP ne tente pas de parler des films à l'affiche, ce créneau étant déjà occupé par la presse hebdomadaire ou mensuelle, mais de jeter un éclairage sur un cinéma souvent hors du champ de l'actualité, hors du champ commercial. L'accent est mis particulièrement sur les expériences de cinéma indépendant et expérimental ou sur des approches renouvelées concernant des formes dominantes de cinéma, s'étant fixée pour but une réflexion approfondie sur le "Septième Art" en parlant de façon critique et autonome..        

HORS-CHAMP ne s'adresse pas uniquement à un public universitaire. Son ambition est de mettre en évidence l'existence et le dynamisme d'un cinéma quelque fois marginé ainsi que d'offrir un point de vue critique à un plus large public de cinéphiles.   

Le premier numéro, consacré au réalisateur russe Alexandre Sokourov, a remporté un grand succès auprès du public.Une réflexion sur la mise en oeuvre du cinéma de ce créateur, nous avons consacré une étude approfondie de sa démarche cinématographique par l'analyse de ses films, de son travail avec l'acteur entre autres aspects. Épuisé depuis longtemps déjà, ce numéro vient d'être réimprimé pour satisfaire au nombre croissant de demandes.

Avec deuxième numéro, nous avons cherché à introduire une thématique, Cinéma et consommation, tout au long des pages de la revue. Depuis, nous avons conservé le principe de présenter une thématique ou un cinéaste par numéro au travers d'un dossier, ce qui nous permet d'élargir le contenu d'un même numéro par d'autres articles. Ainsi, avons nous abordé, dans le troisième numéro, le hors-champ d'un cinéma qui prend toujours plus de place, y compris à Hollywood, celui de Hong Kong.

    

Dans le quatrième numéro, sorti à l'occasion de la venue en Suisse de l'artiste canadien Michael Snow et du festival de Nyon, Vision du Réel, nous avons cherché à définir le cinéma expérimental. Cette problématique nous tenait particulièrement à cœur puisqu'au fil de la réflexion, nous en sommes venus à la conclusion que le cinéma est le plus expérimental des arts. Ce numéro, également épuisé, vient d’être réimprimé.

Le cinquième numéro est entièrement consacré à la problématique Femmes et cinéma, certes à la mode mais pas toujours envisagée dans la perspective d'une nouvelle théorie du cinéma.

Avec le sixième numéro, nous avons à nouveau abordé un « sujet à la mode », le cinéma numérique. A partir d’une définition technique et historique, nous avons engagé la réflexion dans une voie plus philosophique pour aboutir à une interrogation plus vaste sur les notions de représentation et interaction.

 

A l’occasion du festival de Locarno en août 2000, nous avons diffusé par le biais d’un numéro spécial un long entretien avec les cinéastes Straub et Huillet. A l’origine, ce texte aurait dû figurer dans un ouvrage collectif édité par le Centre Pompidou sur le thème cinéma et politique, mais face aux coupes dont il faisait l’objet, les cinéastes ont refusé sa publication dans ce cadre-là. 

 

Dans le septième numéro, nous avons voulu rendre hommage au cinéaste hollandais Johan van der Keuken, disparu il y a quelque temps. Comme nous avions eu la chance de le rencontrer lors d’un séminaire de deux jours à Université de Lausanne, nous avons cherché à présenter l’œuvre au travers de l’homme et ouvrir la réflexion sur la portée politique et théorique d’un cinéma qui échappe à la notion de « documentaire».

Le huitième numéro  a consacré tout un dossier au cinéaste canadien David Cronenberg. Grâce à l’univers personnel qui traverse ses films, il est devenu un des auteurs importants de cette fin de siècle. Ses œuvres, qui reflètent les angoisses du monde contemporain, ont été toujours en phase avec leur époque. La cohérence de sa « vision » a permis au cinéaste d’asseoir son statut d’auteur. Nous avons voulu, en lui dédions un dossier, de questionner, de manière générale, la place de l’auteur au sein de l’industrie cinématographique.    

Dans le neuvième numéro,  nous avons dédié un dossier au cinéma russe contemporain. Les nouvelles générations du cinéma russe post-stalinienne et post-soviétique continuent à surprendre et interpeller l'Occident, qu'ils explorent la réalité soviétique post-factum ou qu'ils dépeignent ce que l'on considère toujours comme "la mystérieuse âme russe" ...  La Russie est toujours aussi contrastée: tout en marge de l'immense machine de production des studios "Selianov" à Saint-Pétersbourg, le cinéaste Evgueni Youfit, connu des festivals occidentaux, a trouvé une niche. Il sera question de ce cinéaste expérimental, fondateur et "survivant" du mouvement surnommé le "Nécroréalisme". Nous nous sommes aussi arrêtés à quelques cinéastes phares "consacrés" ici comme là-bas. Ils ont débuté à des périodes différentes, ont connu un sort un peu similaire, dénigrés et censurés sous le régime soviétique, mais leur cinéma se rejoint dans le miroir d'une Russie brisée. Les excès visuels du cinéma de Sokourov, la cruauté du cinéma pléthorique d'Alexeï Guerman ou les histoires excentriques de Kira Mouratova posent à la fois la question des possibilités expressives du langage cinématographique et constituent une source d'interprétation et de compréhension de la Russie d'aujourd'hui.

Le dossier de notre dixième numéro,  consacré à l’évolution technologique de l’enregistrement de la réalité et sa répercussion dans l’écriture du cinéma documentaire, ne prétend pas être un bilan de cette immense cinématographie. Des pans entiers sont laissés de côté et restent à explorer. Nous suivrons plutôt l’historique de cette évolution technologique, de la caméra des « deux bobines » Lumières à la vidéo numérique, et son influence directe sur l’écriture cinématographique.  

C’est aussi par le témoignage de grands pionniers et ingénieurs du cinéma direct que nous évoquerons l’évolution du documentaire. Ainsi, les propos inédits de Stefan Kudelski, inventeur du premier magnétophone synchrone, le Nagra, nous confrontent à l’aspect politique, économique et philosophique de cette évolution technologique. A travers ses chroniques Michel Brault, grand innovateur du cinéma, donne une large place à l’évolution de la caméra et aux obsessions fondamentales de son cinéma documentaire : observer, improviser et surtout capter le plus de « vérité » possible. En guise d’hommage, nous nous sommes arrêtés sur Jean Rouch, disparu en 2004, ce chercheur-cinéaste qui, à la fin des années 1940, avait introduit avec une insouciante témérité la caméra 16 mm en ethnographie, cette discipline ne se servant jusqu’alors que de la plume. Par ailleurs, c’est par les paroles inédites et pleines d’humour de son collaborateur et ami Damoré Zika, que nous découvrons Jean Rouch l’homme : drôle, charismatique et intrépide.

 

Avec l’avènement des caméras numériques, nous nous interrogeons aussi sur la dimension épistémologique de ces outils dans le domaine de l’ethnographie. Les caméras légères permettent un rapport direct avec l’objet étudié et beaucoup d’anthropologues les utilisent sur le terrain. Il s’agit aussi de questionner l’influence de ces appareils sur l‘esthétique des nouvelles images électroniques. Par un large panoramique sur les différentes techniques de prise de vue, nous abordons ce qui rattache le processus de tournage aux nouvelles technologies de la postproduction.

 

Enfin, à cette évolution technologique est liée la démocratisation des moyens de tournage et de montage. Un certain nombre de jeunes cinéastes talentueux cherchent à relancer une nouvelle écriture du cinéma documentaire : cinéma de création, cinéma d’observation, cinéma autobiographique. Nous avons analysé dans ce numéro l’une de ces œuvres. Caméra « au poing », légère et aussi discrète que possible, deux réalisateurs de la nouvelle génération vont tourner leur film avec une totale liberté et un seul souci : traquer « la vie telle qu’elle est ». L’apparition de ces nouvelles caméras légères nourrissent-elles donc les mêmes aspirations de « cinéma vérité » tant cherchées par les cinéastes des années soixante ; ou au contraire celui-ci est-il bafoué par la récupération des images audiovisuelles à sensation que les médias sont en train d’instaurer dans leurs grilles de programmation? Nous avons interrogé sur le sujet l’acteur américain William Hurt, invité au Festival des Droits Humains de Genève...